Alchimies festives, culte du plaisir, retour en puissance des affects et des émotions : Eros triomphe, et nous enseigne que la profondeur se cache toujours à la surface des choses, dans la banalité de notre quotidien. Triomphe de la raison sensible sur le vieux rationalisme scientiste, du vouloir- vivre collectif sur l’individu, de la joie dionysiaque sur les morales arides qui stérilisent l’action. Triomphe des pulsions et de l’imaginaire sur le progressisme empesé de nos élites et la pruderie de nos bien-pensants.
Attentif aux humeurs et aux enthousiasmes sécrétés par le corps social, cernant au plus près les vibrations du monde, Michel Maffesoli signe une oeuvre essentielle, aboutissement de trente ans de réflexion, livre-manifeste qui chante l’éternelle jeunesse du monde et annonce une rupture épistémologique destinée à renouveler en profondeur les conditions de la pensée philosophique.
« Pourquoi tant de haine ? Tant d’hystérie ? Pourquoi ses détracteurs, au lieu d’opposer aux discours du président Sarkozy, à ses actes de gouvernement, leur propre programme, au moins une évaluation raisonnée du sien, en reviennent-ils toujours aux attaques ad hominem, aux injures, aux supputations sur son état amoureux, sa santé mentale, son caractère ? Ce qui en fait, du coup, un héros de roman, un être de fiction ». Ainsi parle Michel Maffesoli, sociologue reconnu de l’imaginaire et des tribus. Dans ce livre iconoclaste, il décline à la façon des célèbres Mythologies de Roland Barthes un petit traité à la fois ironique et érudit sur l’art de gouverner. Ces « Sarkologies » décryptent le mélange inédit d’hostilité et de fascination que suscite depuis son élection l’actuel président. On comprend à quel point la posture compassionnelle participe d’une stratégie délibérée, celle d’une empathie moins factice que le disent les commentateurs, « l’opinion publiée » comme dit le sociologue, car relevant d’un talent : celui de souffrir avec, les victimes en l’occurrence, quelque soient les malheurs. Son comportement ostentatoire est lui aussi un élément de communication très étudié qui ne doit rien au hasard ou à la maladresse. Un tableau féroce autant que bienveillant, paradoxalement, d’un règne qui promet de susciter jusqu’au bout de furieuses polémiques.
Voici rassemblés, en un volume que l’on lira comme une chronique jubilatoire du quotidien, quelques textes essentiels du théoricien de la postmodernité. Une échappée belle dans l’univers des concepts maffesoliens, et une invitation à céder à l’hédonisme irrépressible qui constitue le fond d’une pensée en mouvement, irradiant bien au-delà des frontières de l’Hexagone. Rituels et croyances collectives, plaisir, désir, fête, rêve, transmutation des valeurs, logiques de domination, féminisation du monde, effondrement des idéologies, pratiques musicales, sexuelles, consommatoires : Michel Maffesoli nous montre qu’au creux des apparences, le lien social se niche dans les fibres de l’émotionnel et que, sous nos yeux, dans le grouillement du présent, s’ébauche un nouveau modèle d’être-ensemble.
La crise est dans nos têtes !
La crise n'est pas dans les faits, mais dans nos têtes. Ce que nous appelons « crise » n'est rien d'autre que le retour du tragique dans notre vie quotidienne. Désormais, nous ne voulons plus perdre notre vie à la gagner. Le règne du qualitatif détrône le progrès et sa tyrannie du quantitatif, l'écologique destitue l'économique, la consumation remplace la consommation. Au regard du nouveau monde qui s'avance, la querelle des chiffres que se jettent au visage les savants s'apparente ainsi au vieux débat sur le sexe des anges. L'économie est seconde, le sociétal est premier. Fidèle à Durkheim qui nous apprend que la loi suit les moeurs, Michel Maffesoli nous enseigne que la crise économique n'est qu'une conséquence d'une mutation sociétale profonde et jouissive.
En 19 chapitres incisifs, le sociologue brosse ainsi un portrait de l'époque qu'il nous invite à ne plus regarder de haut, mais de l'intérieur. Prophète de la postmodernité, il se livre à une anatomie de la société qu'il dissèque comme un grand corps plus vif que mort et avec un regard aussi tendre qu'éclairant.
Depuis la publication de son premier livre, La Logique de la domination (1976), qui révéla au public un jeune sociologue engagé dans une vaste entreprise de refondation conceptuelle, Michel Maffesoli a construit une oeuvre ambitieuse, plurielle, originale et paradoxale. Maîtres, disciples et amis lui rendent ici hommage, insistant sur le rôle précurseur joué par l’auteur de La Conquête du présent dans la compréhension des imaginaires postmodernes, le décryptage des rituels collectifs, la quête jubilatoire d’une nouvelle manière d’être au monde.
Un hommage en forme de manifeste pour, en pensant la banalité, être « à la hauteur du quotidien ».
Introduction de Gilbert Durand
«Je propose, ici, une hypothèse. La crise économique (financière) dont on nous rebat les oreilles n'est-elle que la forme ultime de la saturation de l'idée de salut individuel (de l'économie du salut) ? Cette "crise" pointe le retour de l'idéal communautaire qui, de manière violente (les révoltes en témoignent) ou sous forme beaucoup plus généreuse (le bénévolat, les associations, les modes de vie alternatifs, le commerce équitable, etc.), cherche de nouvelles manières d'exprimer la générosité et la solidarité propres à l'être-ensemble.»
Michel Maffesoli nous entraîne dans une vraie spirale de la postmodernité : comment la société contemporaine se vit, s'écrit, se dit, se rêve. Quelle est l'ambiance de l'époque, quels en sont les rituels, les croyances collectives, les comportements divers ?
Une véritable mutation anthropologique est en cours. Le mépris de la Terre et la dévastation du monde : tel est le résultat de la modernité qui consista en une mobilisation de l’énergie, individuelle et collective, vers un paradis céleste ou un paradis terrestre. Prendre soin de la « Terre Mère », en faire le fondement même de tout être ensemble : telle est l’inversion de polarité dont témoigne aujourd’hui la sensibilité écologique. Contre le rationalisme classique, Michel Maffesoli en appelle ici à la raison sensible. Contre le contrat social, au pacte émotionnel. Contre le catastrophisme propre aux élites sociales, à l’hymne à la vie spécifique de la socialité postmoderne. A l’heure où, à la domination est en train de succéder l’ajustement, il est temps de réapprendre que la sagesse de la modération caractérise la profonde « nature des choses ». Autrement dit que l’Esprit du temps est bien à l’invagination du sens. Un nouveau « discours de la méthode » postmoderne.
La « nouvelle féminisation » du monde. Comprendre aujourd’hui, anticiper demain : un nouveau « discours de la méthode » par Michel Maffesoli.
Théoricien de la postmodernité, phénoménologue des tribus, décrypteur du présent, Michel Maffesoli est principalement affilié aux œuvres d’Émile Durkheim, de Georges Simmel, de Max Weber, de Gilbert Durand, d’Edgar Morin, des situationnistes et de Jean Baudrillard.
A l’inverse de tous ceux qui tentent de réhabiliter les grands récits idéologiques, il dépeint dans ses livres phares (La Logique de la domination, La Violence totalitaire, L’Ombre de Dionysos, Au Creux des apparences, ou Le Temps des tribus) un cosmos pluriel et mouvant, dans lequel tribus, groupuscules et réseaux se font, se défont continuellement.
Maffesoli braque le regard sur les multiples cultures, sous-cultures et contre-cultures qui constituent la matrice du grouillement postmoderne. Il délimite sans cesse des champs provisoires. On dirait qu’il écoute l’herbe qui pousse. Il pense l’époque présente. Une phrase résume au final sa pensée originale et paradoxale : “la société est plusieurs”.
Comme le notait Chateaubriand, il est fréquent de prendre pour conspiration politique ce qui n'est que le malaise de tous ou lutte de l'ancienne société avec la nouvelle, combat de la décrépitude des vielles institutions contre l'énergie des jeunes générations . Nous sommes en un de ces moments où, journalistes, universitaires et politiques confondus, l'intelligentsia est en total déphasage avec la vitalité populaire. Aussi, afin de mieux apprécier cette dernière, n'est-il pas inutile de repérer la logique du conformisme intellectuel ambiant. C'est lorsqu'on cessera d'être obnubilé par le ronronnement du moralement correct , que l'on sera à même d'être attentif au véritable bruit du monde
" Il peut paraître paradoxal de voir dans l'orgiasme une des structures essentielles de toute socialité. Pour certains il s'agit là d'une aberration barbare qui dans les pays civilisés a été progressivement gommée par la domestication des moeurs. Pour d'autres il peut s'agir d'une petite rèverie fantasmatique tolérable dans la fiction romanesque ou poétique. il est de toutes façons impensable de lui accorder quelque efficace sociale que ce soit, en particulier dans nos sociétés à haut développement technologique. Et pourtant c'est sur cette efficace que ce livre entend insister. Il a pour ambition de montrer qu'il y a une logique passionnelle qui anime toujours et à nouveau le corps social. Celle-ci, à la manière d'une centralité souterraine, se diffracte en une multiplicité d'effets qui informent la vie quotidienne. "