Une longue période semble s'achever, celle où les interrogations du présent devaient trouver leur réponse dans le futur. Celle où il était d'abord question de préparer l'avenir, de programmer sur le long terme l'économie et la société. Or, on assiste aujourd'hui à ce que l'on peut appeler le retour du destin, lequel s'exprime sous la forme de l'imprévisible et du pur présent. Cette nouvelle intensité de l'instant explose dans toutes les directions : des vidéo-clips aux jeux informatiques, des manifestations sportives aux fêtes techno, en passant par l'écologie, voire l'astrologie. A l'idéologie du progrès centrée sur l'individu atomisé se substitue un univers de rituels, de plaisirs et d'imaginaires partagés : un véritable réenchantement du monde passant par la fête et par une autre relation à l'environnement. L'éthique qui naît de cette société nouvelle ne peut être que celle du tragique. Celle d'un acquiescement à la plénitude de l'instant doublé de l'acceptation lucide de l'éphémère.
Six essais de sociologie “dionysiaque” : L’éthique et l’esthétique, La prostitution comme forme de socialité, Ludisme et socialité, Tuer le temps, Marginalité tribale et coutumière, La table comme lieu de communication.
Comment rendre compte d'une époque où règne le flou, où fluctuent les valeurs, où s'effacent les repères, et où l'esprit du temps échappe aux meilleurs observateurs ? Comment comprendre et décrire des sociétés en perpétuel mouvement ? Comment aborder l'insaisissable et volatil présent ? Investigateur de notre monde immédiat, archéologue de l'inconscient collectif contemporain, Michel Maffesoli propose ici une vision rénovée du continent humain. Sur fond de morcellement, l'individu toujours plus autonome se libère des rôles prédéfinis. Imaginaire, plaisir, désir, fête, rêve deviennent les mots d'une révolte silencieuse. Littéralement, l'errance au hasard des pulsions, des goûts et de ses fantaisies devient une culture. La nôtre. Un traité classique et passionné.
Comment penser l'irrationnel, comment penser la violence des banlieues, l'ignorance des lois sociales ? L'actualité récente montre bien quel fossé il y a entre une partie de la jeunesse et ceux qui en appellent à l'Etat de droit. Michel Maffesoli propose dans cet essai de penser le non-rationnel, ou du moins d'équilibrer l'intellect et l'affect. D'abord en élaborant un savoir dionysien, au sens où Dionysos était le dieu des fêtes et du chaos. Ensuite, rompant avec l'idéal de raison abstraite héritée du siècle des Lumières, par la proximité que devrait avoir l'observateur avec les événements décrits : c'est justement la Raison sensible.
L'Eloge de la Raison sensible est un véritable traité de déchiffrement du monde contemporain qui, aux raisons de la Raison raisonnante, oppose les intuitions et les fulgurances de la Raison sensible. Une manière d'approcher le réel dans sa complexité fluide, de dresser une topographie de l'aléa et de l'incertain, de suivre les lignes de fusion et d'effervescence du social, et de percevoir la rumeur assourdie des redistributions de la vie collective.
Livre de méthode, l'Eloge de la Raison sensible pourra aussi se lire comme le nouveau bréviaire de l'"esprit du temps ".
Nous vivons désormais au coeur d'un enchevêtrement toujours plus complexe d'objets, de signes et d'images, entre rêve et réalité, prisonniers sans chaînes d'un univers symbolique et cathodique à l'opacité croissante et aux significations mystérieuses.
Avec La Contemplation du monde, Michel Maffesoli poursuit et prolonge son travail de déchiffrement des sociétés contemporaines, interrogeant de nouveau le quotidien, cherchant à cerner au plus près ses formes, son style, ses règles et ses principes.
Au centre de l'analyse : l'esthétique, les liens discrets qui régulent et organisent l'ensemble de nos représentations, la matière remodelée de notre imaginaire et de nos fantasmes. C'est-à-dire encore, « le vaste domaine de l'imaginaire collectif » qui, redistribué, recomposé, réinventé, exprime au grand jour les enjeux et les normes de la socialité nouvelle. Et dont la lecture permet de mieux comprendre ce qu'il en est de la culture aujourd'hui.
La Contemplation du monde : pour s'initier au « style » et à l'« alphabet » de la postmodernité.
Aujourd'hui, l'un des grands lieux communs du discours savant tient dans l'annonce réitérée que le monde change. Une quasi-obsession, un leitmotiv entêtant qui proclame que les sociétés développées répudient leurs idéologies et liquident leurs valeurs ancestrales. Le diagnostic n'est pas sans fondements : il faut approcher au plus près les phénomènes qui induisent la logique d'une pulvérisation du corps social. Interpréter au plus juste les mouvements de revendications ethniques, la résurgence des fanatismes religieux, la proclamation des spécificités culturelles, comme le regroupement des individus dans le cadre de microsociétés où domine le rapport affectif. {La Transfiguration du politique} amorce un tel travail et entreprend l'analyse de ce qu'il convient d'appeler {"la culture du sentiment"}, dont la vivacité des émotions et le désir de l'inutile sont les deux composantes essentielles. Inaugurant ainsi une lecture stimulante de l'espace de vie et de pensée nouvelles qui structurent désormais la socialité post-moderne.
Il y a un hédonisme du quotidien irrépressible et puissant, qui sous-tend et qui soutient toute vie en société. A certaines époques, cet hédonisme a été marginalisé et confiné dans un rôle subalterne. A d’autres, au contraire, il est devenu le pivot à partir duquel s’organisait toute la vie sociale : ce qui, très précisément, est en train de se produire dans les sociétés de la postmodernité. D’où ce livre. Pour comprendre le présent et apprendre à déchiffrer ses manifestations les plus insaisissables, pour approcher des phénomènes jugés, trop souvent, secondaires ou négligeables: le frivole, l’émotion, l’apparence… toutes choses qui ont profondément modifié la politique, la vie de l’entreprise, la communication, la publicité, la consommation, et qui, finalement, pourraient se résumer dans le mot d’” esthétique “. Au creux des apparences: parce que le lien social est désormais tissé dans les fibres de l’émotionnel et que, sous nos yeux, s’ébauche le modèle d’une nouvelle manière d’être.
Les sociétés se transforment : émiettement du corps social, épuisement des institutions, effondrement des idéologies, transmutation des valeurs. Derrière la société de masse, se profilent désormais les nouvelles figures d'une société exubérante et polymorphe : nous sommes entrés dans l'ère des tribus.
La connaissance ne saurait se réduire à une conception de la science héritée du XIXe siècle. En un moment où s'esquisse une mutation sociale, il faut en appeler à une audace de la pensée qui sache en particulier rendre compte de la prévalence de la communication, de l'information sur l'action ou la production. La réflexion de Michel Maffesoli sur les modalités de la connaissance est centrée sur la supposition que le sens commun, la connaissance ordinaire, est au fondement de tous les phénomènes sociaux : la recherche sociologique doit donc partir de ce sens commun pour pouvoir appréhender la dynamique de la vie collective. Cette sociologie qui a pour but d'étudier et de comprendre la vie quotidienne adopte une attitude compréhensive, tournée vers la pluralité des faits sociaux, abordant leurs multiples contradictions comme telles. Il s'agit, ainsi, de dégager les formes sociales de la postmodernité naissante.
Ce livre,dont une premiere édition est parue en 1979,est encore plus actuel aujourd'hui. Les ouvrages sur les révolutions ou les mutations ne cessent de s'accumuler. Or cet essai sur la violence totalitaire propose une réflexion qui sort des exégèses d'une évolution progressiste attribuée aux révolutions génératrices de mutations techniques, scientifiques et sociales. Il s'agit plutôt d'une dimension cyclique inaugurée par une violence destructrice, fondatrice d'une nécessaire circulation sociale, d'une nouvelle organisation de la Cité. La violence, la révolte, qui vont de pair avec l'effervescence joyeuse des fêtes, restaurent la communion sociale, puis celle-ci, par l'instauration d'une nouvelle organisation ordonnancée extérieurement, devient autoritaire, Et c'est l'éternel recommencement de la violence totalitaire. L'auteur explique par ailleurs comment les fondements de la société contemporaine technocratique, liés à l'idée de progrès et d'utilité, ont privilégié l'économique et le contrôlé rationalisé, jetant aux oubliettes les autres dimensions sociales. Autant de réflexions qui donnent à cet essai un éclairage des plus contemporains.