We are used to this big claim carried by modern positivism: Truth will not escape from us. This has been the engine of a self-confident History, at least from an idealistic point of view. It had a goal, an ending, and a meaning. Cause and effect of the whole lie in one truth. This is the foundation of all major theoretical systems of modernity.
Est-ce douce folie ? Irrationalisme effréné ? Lubie sans conséquences ? Et l’on pourrait à l’infini multiplier les interrogations. Ce qui est certain, c’est que après d’autres films du même genre, AVATAR est là, phénomène indéniable, témoignant sur la longue durée, d’un changement d’importance dans l’esprit du temps.
On ne saurait masquer que l’eros s’inscrit sur un fond de violence. Même s’il la ritualise et l’apprivoise sans cesse, celle-ci reste une constante indépassable qu’il vaut mieux envisager avec réalisme en tant que telle. Dans cette période aseptisée et peureuse qui caractérise la fin du XXème siècle, il est de bon ton, d’une manière angélique, de dénoncer la croissance et l’accentuation de la violence, ou encore comme force “belles âmes” de souligner que celle-ci a de relents barbares. Il vaudrait mieux apprécier son caractère humain et analyser comment elle a pu être très souvent ritualisée.
L’intolérance gagne du terrain, et l’esprit inquisitorial semble avoir de beaux jours devant lui. Et ce, comme c’est toujours le cas en la matière, au nom du bien, du juste, du vrai. Venu d’un pays où le maccarthysme avait fait des ravages, le « politiquement correct » a, maintenant, contaminé, en France, bien des domaines. Rien n’échappe à son influence délétère. Il n’est jusqu’à la « pensée » française que l’on s’emploie à mettre au pas.
Pour apprécier les changements survenus ces dernières années, et pour comprendre ceux qui l’annoncent, on peut se souvenir de la remarque de Nietzsche où il déclare que “ce vieil et illustre “je” n’est… pour le dire en termes modérés, qu’une hypothèse, une allégation, surtout ce n’est pas une certitude immédiate”.
Le politique dans son aspect religieux assure d’une part, par le biais de la chefferie, la liaison avec l’environnement naturel, conforte d’autre part, par le sentiment collectif et l’émotion partagée, l’être-ensemble nécessaire à toute vie sociale. Mais dans l’un et l’autre cas ce politique-religieux est structurellement pluriel. L’historien Huizinga rapporte une étymologie fantaisiste du terme «pollitique» (sic) que des auteurs français du Moyen Age faisaient dériver de polus et d’un prétendu mot grec icos, gardien. Le «pollitique» était dès lors le «gardien de la pluralité» (Cf.Johan Huzinga, L’automne du Moyen Age, Paris, Payot, 1975). Une telle fantaisie mérite quelque attention tant il est vrai qu’est enracinée profond la perception polythéiste du rapport à la nature, et du rapport à autrui. Max Weber l’a bien montré, le polythéisme des valeurs, à l’image du panthéon grec, traduit l’antinomie structurelle du donné mondain. Pour ce qui nous occupe, on peut rappeler que, d’une manière plus ou moins consciente, le polythéisme est une manière de limiter le pouvoir.
Une nouvelle approche de la vie quotidienne nécéssite que l’on sache pratiquer l’écart épistémologique.
Il faut avec simplicité reconnaître la labilité, le « bougé », l’imperfection de la dynamique sociétale ont besoin pour s’exprimer d’instruments qui soient eux-mêmes souples et mouvants. Naturellement une telle proposition n’entend pas et ne peut pas être hégémonique, elle refuse tout simplement la réduction trop fréquente de la connaissance à la science.
Il est bien connu que c’est lorsqu’il n’existe plus que les amants, éperdus parlent le plus de l’amour qui les unit. Souvenons-nous, en ce sens, du cri de Baudelaire demandant à être, résolument, moderne. Incantation ? Invocation ? En tout cas injonction paradoxale en ce qu’elle arrive en un moment où la modernité, justement, a atteint son apogée et ne peut, dès lors que décliner.
Il est des mots qui, à force d’être dits et redits, répétés ad nauseam créent la chose qu’ils désignent ! Ce sont des incantations, traduisant tout à la fois, la peur et le désir. Ambivalence de notre humaine nature où les fantasmes et les fantaisies, les rêves et les cauchemars se mêlent en un mixte inextricable.
L’image, à l’encontre de ce qu’il est de coutume de dire, est essentiellement reliante. Elle fait rentrer en liaison des travaux très divers, en particulier ce qui, en différentes installations, essayent d’interroger les pratiques banales du quotidien.
Nous avons, peut-être, à étudier les hystéries sociales ; certainement pas à y succomber. Laissons aux spécialistes le soin de décider quelles sont l’importance et la dangerosité du virus « HINI ». Pour le moment son taux de létalité ne semble pas être très élevé. Par contre c’est l’inquiétude qu’il suscite qui, elle, est inquiétante.
Entretien réalisé en janvier 2003 par Pascal Le Brun-Cordier.