Séminaires & Conférences

2010-2011 : L’ÉROTIQUE SOCIALE

Contre les certitudes de tous ordres, qui sont le propre des diverses routines théoriques, une pensée digne de ce nom doit s’employer à mettre en œuvre une problématicité fructueuse. C’est-à-dire un cheminement qui, au-delà de tout apaisement et de toute assurance sache présenter l’existence sociale dans le tourbillon vertigineux qui est le sien. Reprenant, trente ans après, la problématique développée dans « L’Ombre de Dionysos » (réédition CNRS édition 2010) il s’agira de repérer l’orbe, de plus en plus importante, empruntée par cette « affectio societatis » dont on ne peut plus nier les effets. Et ce au travers de quelques points nodaux: le retour du pathos, la sensibilité animale, la reviviscence du paganisme. Le tout sur fond de présentéisme. Il y a quelque chose d’ultime et d’extrême dans l’érotique. Il faut savoir penser ce périlleux voisinage.

Dates 1er semestre à 17h30 : 13, 19 octobre;  4, 16 novembre en Sorbonne Salle des thèse E637 (17 rue de la Sorbonne); 8 décembre; 6, 18 janvier Bibliothèque de la S.E.I.N (4 place saint germain des près).

Dates 2nd semestre à 17h30: 10 février, 9 et 21 mars, 4 avril: Bibliothèque de la S.E.I.N (4 place saint germain des près).

2009-2010: AUGUSTE COMTE, SOCIOLOGUE DU XXIème SIÈCLE

Se jucher sur les épaules des géants. Cette remarque de R.K.Merton n’est en rien anodine car elle rappelle ce que l’on doit aux apports de ceux qui, dans l’ordre de la pensée, ont jeté les fondations de la réflexion sociologique. Enracinement dynamique ! Même si cela peut paraître paradoxal on peut envisager qu’Auguste Comte soit le sociologue du XXIème siècle. Son « Grand être »  étant la métaphore d’un être-ensemble et d’un savoir collectif en gestation. En bref, au travers des réseaux, des sites communautaires, des moyens de communication interactifs s’élabore un lien social dont on s’amusera à voir en A. Comte le précurseur.

2008-2009: NATURE ET CULTURE (DU CONTRAT MODERNE AU PACTE POSTMODERNE)

L’idéal d’un homme maître et possesseur de la nature est au fondement même du paradigme moderne. Par la suite, les théories sociales du XIXe siècle poursuivent en ce sens, en lui assurant le contrôle total de l’histoire tant individuelle que sociale.Depuis quelques décennies, une inversion de polarité est en train de s’esquisser, qui ne voit plus dans la nature un simple objet  à exploiter, mais bien un partenaire avec lequel il faut compter. C’est un tel retour vers ce que Gilbert Durand nomme le « trajet anthropologique » qu’il faut penser.Quelles vont être, pour l’analyse sociologique, les conséquences d’un imaginaire social où le construit est relativisé par le donné ?

2007-2008: SOCIOLOGIE COMPRÉHENSIVE: DE L’ “ORDO AMORIS” (MAX SCHELER) AUX COMMUNAUTÉS ESTÉTHIQUES POSTMODERNES

En revenant à l’intuition des pères fondateurs de la sociologie compréhensive, ainsi Diltey, on peut considérer que l’herméneutique est l’art du “comprendre” (Versehen). Comprendre non pas un sens au-delà des choses, mais celui se vivant au travers de l’apparence même des choses. Ainsi, reprenant l’expression du sociologue Max Scheler, « ordo amoris », il s’agira de montrer comment, au-delà d’un individualisme proclamé, les diverses hystéries sportives, musicales, politiques, témoignent de l’émergence de véritables communautés esthétiques. C’est cette nouvelle communication symbolique, confortée par la « toile » informatique, que l’on s’emploiera à analyser.

2006-2007: SOCIOLOGIE COMPRÉHENSIVE: PALIGÉNÉSIE POSTMODERNE

Comprendre non pas un sens au-delà des choses, mais celui caché sous l’apparence de ces mêmes choses. C’est, également ce que rappelle G.Simmel lorsqu’il rendait attentif au « roi clandestin » régissant, en profondeur, le cours des événements. Nécessité d’autant plus forte en période de profondes mutations sociétales. À partir de quelques exemples de la vie quotidienne, on s’emploiera à montrer comment les émotions et passions collectives expriment ce que l’on peut appeler la palingénésie postmoderne.

2005-2006: L’ÉROTISME SOCIALE

Auguste Comte parle des “instincts sympathiques” qui, souvent, prévalent sur les impulsions égoïstes. Max Scheler donne, de son côté, les grandes caractéristiques dans “ordo amoris” fondement des sociétés. En s’insipirant des ces approches sociologiques, en les illustrant par des phénomènes contemporains : “flash mobs”, tribus roller, religieuses, sexuelles, on montrera comment, par le mécanisme de saturation, si bien décrit par P. Sorokin, l’individualisme moderne tend à s’épuiser dans l’idéal communautaire post-moderne.

2001-2002: SOCIOLOGIE DU MAL II

Le holisme social ne peut se penser à partir de la via recta de la simple raison, en ce qu’elle a de clair et de discriminant. Le “labyrinthe du vécu” demande que soit mise en place une connaissance plurielle, où le sensible et l’incertitude aient leur part. L’intuition et l’imagination aussi, qui peuvent permettre de saisir l’importance de l’affect et des passions. Toutes choses dont on mesure, de plus en plus, l’importance dans la socialité postmoderne. Ainsi, certaines catégories comme la métaphore ou l’analogie sont des outils pertinents et, en tout cas, opératoires dès lors que l’on s’attache à comprendre, concrètement, l’ordinaire de la vie sociale. Elles rendent attentif au fait qu’il y a un “clair-obscur” fondateur, fondement même de tout lien symbolique. Ce n’est pas faire une abdication que de l’enrichir, “ouvrir la raison” reste un enjeu épistémologique qui mérite attention.

2000-2001: SOCIOLOGIE DU MAL I

Sous ses diverses formes : agressivité, violence, souffrance, dysfonctionnement, péché, etc., le mal taraude le corps social. C’est, aussi, une constante des mythes, contes, légendes et autre représentations collectives. C’est ce qui, à titre d’hypothèse, nous amènera à dépasser la problématique d’un homme parfait, d’une société parfaite qui, fût-ce comme idéal ou comme projet, a marqué la modernité. Accepter l’imperfection, empirique et théorique, comme étant, aussi, un élément structurant du donné mondain peut être une bonne manière d’analyser la socialité post-moderne.

1999-2000: LA PUISSANCE DU LUDIQUE

La vie comme jeu est une sorte d’acceptation d’un monde tel qu’il est. C’est-à-dire, aussi, d’un monde social marqué du sceau de l’éphémère. Le propre du destin consistant à intégrer, et à vivre, l’idée de l’inachèvement et de la précarité de tout un chacun et de chaque chose. Mais il peut y avoir dans une telle acceptation quelque chose de ludique. C’est bien cela qui est la marque de la socialité post-moderne.

1998-1999: LE TRAGIQUE SOCIAL II

Pensons au tableau de Paul Klee : “Angelus Novus”. Il a fait l’objet de nombreuses interprétations.Notamment, celle de W. Benjamin qui y voyait l’expression d’une sorte de messianisme sans ‘telos’. Pour lui, le messie arrive tous les jours, sa grâce se vit au présent. Un tel présentéisme se retrouve fréquemment, il souligne bien cette transcendance immanente largement vécue dans la vie de tous les jours, et qui n’as pas besoin de but extérieur et lointain pour donner le meilleur d’elle-même. L’Angelus en un envol immobile. Oiseau en mouvement vers l’avenir, avec un regard tourné vers l’arrière. Voilà bien un suspens dans l’action, une non action dynamique pouvant servir d’illustration à cet enracinement dans le présent qui, actuellement, est la marque essentielle de l’esprit du terme tragique. Il y a bien quelque chose de divin dans l’accentuation du présent. Un divin tragique, un “divin social” (Durkheim), quelque peu cruel ne projetant pas, dans un avenir hypothétique, la solution des problèmes qui se posent aujourd’hui, mais vivant ceux-ci pour ce qu’ils sont, et par là donnant à la vie présente sont prix.